Il est simplement l'heure de me dire que je ne recommencerai plus.
Elle n'a pas oublié. L'Avant. Les évènements s'enchainent et n'en finissent plus. C'est quand la neige tombera qu'elle se sentira libre.
Quand le vent glacial lui lacèrera le visage et que son corps se retrouvera confortablement disposé dans
cette blanche couverture. Il deviendra enfin sensible et son sang brûlera en elle. Elle ne s'appartient plus.
Le plus dur dans tout cela, c'est qu'elle ne se rappelle d'aucun souvenir heureux de son enfance. F½tus
avant d'avoir pris la forme d'un abject enfant, rien ne l'aura épargnée. Chaque soir, en rentrant, elle lève
les yeux pour se perdre dans ce qu'on appelle le ciel. Bien qu'étoilé et plein d'imagination, elle n'arrive plus
à le voir comme avant. Elle est aveuglée par lui. Des gens passent leur vie a sans cesse baver derrière
d'autres qui sont alors qualifiés de beau. Mais elle n'a pas besoin de cela. Elle est perdue une fois de plus.
Mais le c½ur gonflé d'amertume, elle se plonge continuellement dans cet océan de poussières illuminées.
Une fois, le besoin était si grand qu'elle s'était assise au milieu de la route. Pour ne perdre aucune miette
de ce spectacle merveilleux. [Le monde s'arrête autour d'elle.] Et la lune était pleine. Et les larmes essayaient
de couler le long du visage mais le vent trop puissant, les glacait immédiatement. Elle se trouvait là, assise
comme une arrierée, à contempler son univers. Les frissons se faisaient plus récents. Ses lèvres se
violaçaient. Ses pupilles se dilataient jusqu'à ne plus voir leur limite. C'est quand il a commencé à neiger,
qu'elle se leva. Qu'elle laissa son sac en plein milieu. Elle savait qu'elle ne reviendrait pas. Alors, pensive
et la tête encore levée au ciel, elle se dirigeait dans cette forêt où se trouvait se lac. Où chaque été elle
n'allait pas se baigner. Mais on se souvient de ses heures passées couchées dans les herbes folles qui
lui chatouillaient son corps. On se souvient de ses larmes incomprehensibles. Dans sa beauté mélancolique,
ses grands yeux nous hypnotisaient et personne ne s'en doutait. Elle était donc là, et la neige formait
quelque tourbillon autour d'elle. Elle se sentait appelée. Ce soir, le lac était particulièrement beau. Les
cygnes avaient quittés la région depuis un bon bout de temps. L'endroit était mort, mais accompagné
de ce sombre bruit du déplacement de ses pas sur cette terre glacée. La lune illuminait le centre du lac.
Et elle se posa délicatement au bord, mais cette fois-ci, les larmes s'arretaient. Elle avait compris que
l'hiver ne faisait qu'embellir cet endroit. Que l'hiver réchauffait son corps. Que les vent et les flocons
consistaient à ces palpitations, à ce rythme cardiaque qui l'avaient quitté auparavant. Certes elle était
seule, mais la solitude apportait ses richesses. Ses cheveux avaient énormement poussés depuis l'année
dernière. Son corps commençait déjà à se former. Elle lui avait promis de ne pas vivre la puberté. De
l'empêcher de se changer en femme. En cet immonde personne qui est sa mère, sa professeur ou
encore cette fille dans le miroir. Elle n'avait pas encore eu ses règles, mais elle savait que cela ne
durerait pas. Bien qu'elle avait déjà essayer de se couper les seins, elle voyait bien que dans ses
chemises, de petites bosses naissaient. Elle pris alors ses habits et les arracha, en n'oubliant pas de griffer
son épiderme qu'elle haissait tant, depuis qu'elle l'avait perdu. Elle était donc là, au milieu de la forêt,
sous la neige, nue. Son corps ne tremblait pas. Ses os ressortaient magnifiquement, sûrement le
squelette le plus magnifique au monde. Sachant que son poids ne serait pas énorme, elle commença
à sauter sur la glace qui lui chatouillait tendrement les pieds. Puis une fissure apparaissait, avec quelque
gouttes de sang. Elle ne s'arretait pas. Puis la glace se rompit, elle laissait place à l'essentiel. L'eau.
Alors, elle commenca à plonger ses pieds en premiers. Puis ses mollets. Puis ses jambes. Et enfin,
son corps. Son corps qui devenait progressivement violet, puis bleu. Elle regarda encore une fois ces
étoiles qui l'avaient accompagnée tout au long de sa vie. Puis plongea sa tête. Tout rien. Un jour qu'il
faisait nuit, une fille perdit sa mort. Sous la glace, personne ne se doutait qu'un fille glaçon vivait. Et que
ses premières règles ne lui auront jamais brisé son innocence.
l'histoire ne s'arrêtera. Elle commence seulement dans le plus chaotique des cerveaux.